mercredi 16 septembre 2015

Donaueschingen / Ulm




Blog sans prétention à l'intention des amateurs de petites randonnées à vélo qui hésitent à se lancer, et ... aux autres !







Nelle, presque 8 ans, Cyliane 10 ans, Chantal et Philippe, les grands-parents

21 juillet 2015 -  Pfohren (près de Donaueschingen) / Immendingen - 22 km

Le grand départ en cyclo-camping

Pour la première fois de notre vie nous partons en cyclo-camping, c'est-à-dire avec tente, sacs de couchage et matelas. Nous ne partons pas de Donaueschingen où depuis plus d'un an la source du Danube est inaccessible pour cause de travaux.


Notre premier arrêt se fait dans le village même de Pfohren devant la fontaine aux cigognes. Malgré tous les efforts de Philippe les semaines précédentes, les manettes de dérailleurs des filles sont si dures que nous sommes obligés de nous arrêter pour changer leur braquet, et nous-mêmes n’y arrivons pas toujours. Une pause s’impose au pont de bois couvert avant Zimmern. Nelle roule très lentement, ce qui m’inquiète un peu mais au fil des kilomètres, elle augmentera naturellement sa vitesse.

Cyliane et Nelle montent vigoureusement les quelques petites côtes malgré la forte chaleur. Nous arrivons au Zeltplatz (halte pour campeurs) d’Immendingen où nous mangeons à l'« Imbiss » (petit restaurant pour repas rapide). Malheureusement, Cyliane est piquée par une guêpe malgré toute notre attention à éviter ces sales bestioles qui la menaçaient. La cuisinière se précipite avec un oignon coupé en deux que nous appliquons sur la piqûre afin d’atténuer la douleur.

Près d'Immendingen, la disparition du Danube (ou la perte du Danube) est un phénomène qui me stupéfie. Le Danube devient une étendue d’eau dormante couverte de lentilles d'eau. Puis soudain, le lit, dont le fond s’élève très légèrement, apparaît tout sec, couvert de cailloux et d’herbes aquatiques aplaties et desséchées. Pendant environ 155 jours par an, le Danube disparaît à la faveur de fissures  dans le sol calcaire jusqu’à 175 m de profondeur. Son eau réapparaît douze kilomètres plus loin par la fontaine Ach qui va alimenter le lac de Constance que traverse le Rhin. Un fleuve alimentant un autre fleuve est certainement un cas très rare, et peut-être unique au monde.

Pfohren - Riedsee camping
Confortable camping au bord d’un petit lac. Jeux pour enfants. De nombreux bungalows privés. Restaurant.

Immeningen Seltzplatz municipal
WC ouvert toute la nuit. Pas de douche contrairement à ce qui est annoncé, .2 €par nuit/personne.
Sympathique Imbiss ouvert de 9 à 21 h avec carte variée

un autre blog sur le même parcours :  http://octavelo.blogspot.fr/




22 juillet 2015 Immendingen / Hausen - 44 km

Une belle et dure étape 

Pour éviter la chaleur torride qui s’annonce, premier coup de pédale à  8 h 10 ce qui est une performance avec tout ce qu’il faut ranger et plier.

La remorque prêtée par le Club des Randonneurs de Strasbourg est une remorque à une roue  de marque BOB qu’il faut aussi charger. A plusieurs reprises, lors de manœuvres à l’arrêt, la remorque s’est couchée. Pour la relever, étant donné le poids, c’est une opération difficile à faire seul.

Nous passons sur le Danube maintes fois, souvent sur des ponts de bois. La signalisation de la véloroute du Danube est un modèle de précision. Chaque carrefour, grand ou petit, est soigneusement marqué.


L’église des cyclistes à Möhringen est fermée à cette heure matinale et de là nous empruntons la première portion non bitumée, en très bon état, mais qui ralentit quand même notre allure. Les filles atteignent généralement 15 km/h en terrain plat. La véloroute traverse Tuttlingen le long du Danube par un charmant jardin public. Après Fridingen, les côtes deviennent sévères même pour nous les adultes qui sommes chargés. Nelle pose souvent pied à terre mais marche bravement accompagnée de Philippe qui marche aussi pour tirer son vélo et la remorque.



La chaleur vers midi est intense et nous nous arrêtons dans une auberge isolée dans la montagne. A l’extérieur, une vaste terrasse couverte nous tend les bras. Nous apportons nos provisions et achetons les boissons : de l’Apfelschorle, un mélange bien frais de jus de pomme et d’eau gazeuse, servi en généreuse quantité allemande d’un demi-litre par personne. Ce pourrait être le début du bonheur si une escadrille de guêpes n’était pas à l’affût comme tout au long de la route depuis notre départ dès que nous nous arrêtons. Notre pauvre Cyliane est terrorisée, énervée et peut à peine avaler quelque chose. Il faut dire que la piqûre d’hier sous le bras a provoqué une large enflure rouge. Il était prévu de nous arrêter longuement jusqu’à 16 ou 17 heures pour éviter la chaleur mais nous repartons très vite après avoir mouillé complètement nos maillots. Les côtes sont encore au menu de l’après-midi et souvent sur une piste non bitumée.

Le paysage récompense des efforts. Les montagnes couvertes de forêt laissent apparaître par endroits des falaises grises.

Hausen
Wagenburg Campingplatz entouré de belles falaises. Camping confortable avec machine à laver. Possibilité de se baigner dans le Danube. Glaces, boissons.


23 juillet 2015 - Hausen / Herbertigen - 52 km

Le camping disparu

Il a plu toute la nuit et il pleut toujours ce matin quand nous plions la tente. Vers 10 h, quand nous sommes prêts, la pluie cesse enfin. Les côtes sont nombreuses, souvent bitumées et ensuite la piste est à nouveau en stabilisé. La vitesse est donc ralentie et nous poussons de  temps à autre nos vélos dans les montées. A un moment sur une vingtaine de mètres, la piste de réduit même à quelques centimètres de large entre une maison et un  jardin mais toujours avec une signalisation qui ne laisse aucun doute.

A Sigmarigen, l’imposant château domine la ville. Le temps est couvert jusque vers 15 h, ce qui nous  évite de rouler dans la chaleur.
Mengen

En préparant les vacances, Philippe avait recherché sur internet des campings propices à la baignade. A notre arrivée, le camping au bord du lac Schwarzachtalseen, difficile à trouver, est fermé depuis deux ans. Nous obtenons quand même l’autorisation de nous installer sur la prairie qui était le camping et l’ancien responsable de l’équipement nous ouvre les WC. Nous sommes donc les seuls et bien contents de ne pas aller plus loin car nous avons 52 km au compteur.


24 juillet 2015 - Herbertingen / Rottenacker –38 km

Qui peut croire que c’est plat ?

Nous n’avons pas rallongé l’itinéraire en nous déroutant de la véloroute 6 pour rejoindre le camping disparu. En effet, les pistes sont nombreuses et nous mènent sans détour le long d’une voie ferrée jusqu’à Riedlingen. Nous y économisons deux ou trois kilomètres. La plaine du Danube s’élargit et le relief s’adoucit. La chaleur est revenue si bien que nous apprécions la fraîcheur relative d’un restaurant à Zwiefaltendorf. Les filles commandent comme les jours précédents de l’Apfelschorle, et Philippe boit une bière dans une chope de grés. Le restaurant est annexé à une brasserie installée là depuis plus de 1 200 ans.  La bière est donc un produit local.

« Radfahrer, absteigen ! 20 % »       Cyclistes, pied à terre ! 20 %
Inutile de nous l’écrire ! La petite route tranquille monte brusquement de manière vertigineuse. Philippe n’arrive même pas à pousser seul le vélo chargé des sacoches et attelé à la remorque. Je suis obligée de lui prêter main forte. Les filles poussent leur monture sans demander de l’aide. A mi-parcours de la côte, un panneau annonce « Rastplatz 200 m ». 

Datthausen

Une aire de repos va nous réconforter avec fontaine d’eau potable, table et bancs abrités du soleil qui tape fort. Nous nous déshabillons pour tremper nos maillots dans l’eau et nous mouillons les cheveux et le casque avant de repartir. Ce vieux truc de coureurs amuse au plus haut point les filles qui n’en croient pas leurs yeux mais qui en appréciront l’efficacité.


Nous faisons une longue halte au couvent d’Obermarchtal pour nous préserver de la chaleur. L’église est remarquable par ses stucs, les plus beaux d’Allemagne paraît-il, et son style rococo. Comme promis, tous les jours, les enfants ont droit en fin de journée à une glace et nous nous joignons à eux la plupart du temps, chaleur et gourmandise obligent.


A Rottenacker, le camping n’est pas vraiment un camping mais plutôt un endroit où planter la tente au bord d’un lac. La maisonnette qui vend des boissons et où l’on pourrait s’inscrire est fermée après 19 h. Nous nous installons non loin d’autres tentes et allons nous rafraîchir dans le lac  dont la température est très agréable. Des oies à proximité donnent de la voix, un cygne marche majestueusement le long de la rive, des foulques macroules nagent dans tous les sens et s’appellent bruyamment. Les installations de ce pseudo-camping sont restreintes. Deux WC chez les dames, une douche et deux lavabos, pas d’endroit spécifique pour la vaisselle et encore moins pour le linge. Un monsieur, qui était attablé avec des habitués de l’endroit, passe et nous demande si nous nous sommes inscrits, et, à vu de nez semble-t-il, nous fait payer 15 € pour la nuit sans aucun papier ou reçu. 

Rottenacker

Camping sommaire au bord d’un lac. Installation sanitaire de bonne qualité mais réduite.


25 juillet 2015 - Rottenacker / Ulm - 43 km

Grand vent favorable

Nous démarrons dans la mauvaise direction. Hier soir, j’avais remarqué que nous avions pris une route au sud de la véloroute pour atteindre le camping et que la carte ne correspondait plus à la réalité. Malgré mes mises en garde, Philippe démarre vers le sud au lieu de revenir pendant un kilomètre sur nos pas. Plus de panneaux de la véloroute ! Nous sommes tellement au sud que nous nous sommes en dehors de la carte de la véloroute. Heureusement, une jeune femme gentiment nous accompagne avec son vélo jusqu’à l’extrémité du village voisin et de là nous retrouvons la piste sans trop rallonger le parcours.

Le Danube s’est considérablement élargi et nous pédalons en terrain plat. Un vent puissant nous pousse vers Ulm. En revanche, les quelques cyclistes qui vont dans l’autre sens sont penchés sur leur vélo pour s’aider dans leur effort.


Ersingen


A Erbach, vers midi, nous nous arrêtons pour aller nous baigner dans un lac. Le Danube est ici entouré de multiples étangs et lacs propices à la pêche et à la baignade. L’entrée du lac est payante et nous ne pouvons pas entrer avec nos vélos mais seulement les abandonner sur le parking à l’extérieur avec tous nos bagages. Nous ne pouvons nous y résoudre. Comme consolation, nous entrons dans le « biergarten » à côté (une terrasse de restaurant) où une balançoire fait le bonheur des filles. Le vent souffle toujours et quelquefois en rafales. Une rafale plus violente que les autres souffle par terre les objets sur les tables et les restaurateurs se précipitent pour replier les tonnelles avant qu’elles ne tombent sur les clients ou se cassent.

La piste est toujours aussi bien signalée et seuls des étourdis ou des cyclistes dans la lune peuvent s’égarer. Avant Ulm, ce n’est que des changements de chemin à droite et à gauche, des traversées de ruisseaux, généralement dans la forêt. Nous nous arrêtons au camping choisi sur internet ; il n’est séparé de la piste que par un muret.

Ce camping est le terrain des Ulmer Paddler, un club de nautisme, qui vient d’ouvrir son gazon aux campeurs qui bénéficient des superbes installations du club. Les douches accolées aux vestiaires font d’abord l’étonnement de Cycliane et de Nelle : une pièce d’environ 8 m2 avec cinq ou six robinets de douche sans aucune séparation. Un toit de verre irradie la lumière dans cet espace que l’on connaît généralement sombre. 

« Mais Mamie, s’il y avait quelqu’un, on se doucherait toute nue devant tout le monde ! » Question de culture où la relation au corps est différente et qui rappelle les pays de l’est  comme la Pologne.


Ulm
Ulmer Padler, sur la rive sud du Danube, à 1.5 km de Donaubad (centre nautique)
Petit espace de gazon dans le club nautique avec installations sanitaires impeccables



26 juillet 2015 - Ulm –environ 3 km  

Bon anniversaire Nelle !

Nelle a huit ans aujourd’hui et nous souhaitons lui offrir une journée spéciale : la montée dans la flèche de la cathédrale et une promenade en bateau sur le Danube. La flèche culmine à 161 m et la ville d’Ulm fête cette année le 125e anniversaire de la pose de la dernière pierre.  768 marches nous amènent au sommet en trois paliers. Cyliane n’est pas rassurée et même tremble un peu quand les ouvertures dans la pierre ne sont pas grillagées. Heureusement, le vent de la veille est complètement tombé et finalement la montée n’offre pas de difficulté. Au sommet, c’est l’embouteillage et les grassouillets et les grassouillettes ne sont pas les bienvenus. Pour se croiser, chacun doit se faire tout mince et passer de profil. De là haut, les toits rouges de la ville ressemblent à des maquettes pour enfants et la vue s’étend très loin vers les collines et les montagnes.




Le restaurant du Rathaus (l’hôtel de ville) voit notre visite car nous voulons marquer cet anniversaire : Wiener Schnitzel pour Nelle et Flammekueche agrémentée d’oignons roses pour Cyliane avec les boissons plébiscitées pendant les vacances,  l’Apfelschorle et l’eau.
Aujourd’hui un triathlon est organisé dans la ville et les balades en bateau sont suspendues. La déception est de courte durée car un rassemblement de véhicules italiens est organisé sur la place de la cathédrale. Les Alfa Romeo et les Ferrari, souvent rouges et décapotables, font sensation mais les Vespa ont leurs admirateurs. De retour au camping, nous pédalons jusqu’au Donaubad, à 1.5 km de là. Le Donaubad est le plus bel ensemble nautique de toute la région avec plusieurs piscines à l’intérieur et à l’extérieur, bassins à vagues ou à tourbillons, toboggans énormes, espace pour les tout-petits à partir de quelques mois, espace pour les 3-8 ans, etc... Evidemment le grand toboggan avec grande bouée obligatoire a la faveur de filles mais le toboggan géant est fermé, ce qui nous vaut une réduction de 5 %.


C’est une belle journée qui aurait pu se terminer de manière très inconfortable pour Cyliane et moi. En effet, au camping, nous utilisons les sanitaires du club dont une clé nous été remise pour fermer la nuit. Pendant que nous nous brossons les dents, quelqu’un ferme, ignorant notre présence. Quand nous voulons ressortir Cyliane et moi, tout est bouclé et Philippe ne s’inquiète pas de notre absence, sûr que nous mettons du temps à notre toilette et en rassurant Nelle qui s’impatiente un peu. De mon côté, j’ai peur que Philippe s’endorme avant de se rendre compte que nous ne sommes pas de retour. Sans grand succès, je hurle par un vasistas du haut d’un escabeau providentiel en espérant interpeler un passant mais, finalement, un couple de campeurs arrive suivi de Philippe pour nous délivrer. Ouf ! Nous ne dormirons pas sur le paillasson.


C'est fini pour cette année après 200 km. Nous espérons continuer la piste du Danube l’an prochain pour de nouvelles vacances heureuses et sportives.


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